Les ministres des Affaires étrangères allemand et belge, Johann Wadephul et Maxime Prévot, en conférence de presse à Berlin ce mercredi 25 février. ( AFP / JOHN MACDOUGALL )
"Oser prendre en otage le destin et les besoins de l'Ukraine, de sa population dans un contexte de guerre, ça me semble être une ligne rouge", a dénoncé Maxime Prévot, ministre des Affaires étrangères belge, ce mercredi 25 février à Berlin.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a notamment rappelé sa "stupéfaction". Aux côtés de son homologue belge Maxime Prévot, il a dénoncé ce mercredi 25 février à Berlin, lors d'une conférence de presse commune, la menace de veto de la Hongrie sur un prêt européen à l'Ukraine, au lendemain du quatrième anniversaire de l'invasion russe du pays. Selon lui, le pays "trahit sa propre lutte pour la liberté" . "La Hongrie doit comprendre que la patience des autres Etats membres s'amenuise à très grande vitesse", a-t-il déclaré.
L'Union européenne (UE) veut adopter un vingtième "paquet" de sanctions contre la Russie depuis son invasion de l'Ukraine le 24 février 2022, ainsi qu'un prêt européen de 90 milliards d'euros pour financer en 2026 et 2027 les besoins militaires et financiers de l'Ukraine. Mais Viktor Orban, proche de Vladimir Poutine, bloque les deux projets, si Kiev ne restaure pas les livraisons de pétrole russe à travers l'oéloduc Droujba, endommagé par des frappes russes en janvier. La Hongrie n'a pas cherché à diversifier réellement les importations d'hydrocarbures de son pays depuis le déclenchement de l'offensive russe en Ukraine en février 2022.
"Nous sommes tous conscients de la période délicate que peuvent représenter des élections", a ajouté Maxime Prévot, alors que le dirigeant hongrois nationaliste est devancé par un candidat d'opposition dans les sondages avant les législatives du 12 avril. "Mais de là à oser prendre en otage le destin et les besoins de l'Ukraine, de sa population dans un contexte de guerre, ça me semble être une ligne rouge", a-t-il ajouté, alors que le Premier ministre hongrois a l'habitude de défier l'Union européenne sur le sujet. Invitée à Kiev mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a assuré que l'UE accordera le prêt à l'Ukraine "d'une façon ou d'une autre", en dépit du blocage de Budapest.
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